Au loin, les cavaliers dressés sur leurs superbes chevaux ne semblaient guère attacher d'importance au costume, simplement vêtus de longues jellabas blanches et bien moins lotis que leur montures, rehaussées d'accessoires métalliques et harnachées de soie et de broderies d'or. Mirage! Dans le feu de l'action, au rythme trépidant de la fantasia, violente chevauchée faisant frémir la terre sous les sabots des bêtes, les burnous blancs tout à coup envolés ont dévoilé les costumes de dessous, rouges, verts, oranges, aussi éclatants qu'une parure de femme. De toutes les fêtes, toutes les manifestations en plein air, moussem ou grand événement familial, la fantasia est là pour faire vivre le souvenir des grandes traditions guerrières. Pour rappeler le courage et la virilité des hommes. "Seroual" homme en velours de soie grenat brodé de fil d'or. Salé-Rabat, XIX siècle.)
Moins visible, mais tout aussi flamboyant que celui des femmes, le costume masculin, se compose de deux pièces principales: le large "seroual" sans doute emprunté aux turcs et le gilet en forme de T à l'envers, où les broderies s'épanouissent avec bonheur.
Gilet homme jaune brodé de fil d'or. Chaouen, XVIII siècle.
Gilet homme rouge brodé de fil d'or. Chaouen, XVIII siècle.